« Devenir la meilleure version de soi » est l’une des nombreuses expressions super tendance mais sans véritable substance ni consistance.

Au mieux elle ne veut rien dire. Au pire elle pousse les gens à se déclarer la guerre à elles-mêmes. On est toujours dans la surenchère, sachant que « le meilleur » dont il est question reste une notion totalement relative et subjective.

Mais sur quoi se base t-on pour devenir la meilleure version de soi ?

Car j’imagine que pour être la meilleure version de soi, il faudrait déjà connaître qui est soi. On améliorerait quoi ou qui sinon ?

Et c’est donc là que le bât blesse. Car la plupart des gens qui se lancent dans cette expédition n’ont aucune idée de qui elles sont à la base.

Elles voient des personnes qu’elles admirent pour leurs auras, leurs accomplissements, leur résilience face aux défis de la vie, … et elles se disent intérieurement que leur ressembler révèlerait une meilleure version d’elles.

Nous voyons alors des personnes agissant davantage par mimétisme que par réelle conviction. Attention, je ne dis pas qu’il n’y a que des moutons dans la foule ! Nous sommes toutes dotées d’un cerveau pour analyser, réfléchir et prendre des décisions. Mais cette force critique a du mal à s’exprimer courageusement lorsque les points de vue des uns se transforment en injonctions pour tous. Il n’y a plus qu’à laisser le matraquage visuel et auditif faire le reste du travail.

Devenir la meilleure version de soi dans l’inconscient collectif.

J’ai pu remarquer que dans l’inconscient collectif, devenir la meilleure version de soi voulait dire « devenir une bonne personne ».

Une bonne personne par rapport à qui ? Là encore le curseur est très mobile selon les personnes, les cultures, les valeurs communes, les biais cognitifs, les préjugés, et j’en passe.

Imiter…, faire comme…, pour ressembler à…, semblent une fois de plus être des moyens efficaces pour y parvenir. Attention ici encore, je ne rejette pas l’idée d’avoir des modèles à qui nous identifier. Je dénonce simplement le fait d’imiter sans conviction profonde, si ce n’est celle de n’être pas encore assez bien par rapport à l’objectif visé.

Cette attitude est un piège duquel il est difficile de se dégager lorsque le constat amer de l’erreur est fait.

Être une bonne personne ou être soi.

Agir par mimétisme ne fera pas de toi une bonne personne. Cocher toutes les cases de ta catégorie socio-culturelle ne fera pas de toi une bonne personne. Être appréciée de tous ne fera pas de toi une bonne personne.

Je peux te l’assurer.

À mesure que j’en apprenais sur moi et que je me découvrais, je finis par comprendre qu’exprimer ma véritable personnalité choquerait certaines personnes. Principalement celles que ça arrangeait bien que je reste comme j’étais. Celle qui ne fait pas de vagues. C’était plus simple pour elles.

« Ça c’est la Isabelle qu’on connaît  » me disaient elles.

Je découvris aussi que d’autres personnes étaient très agréablement choquées par mon changement. « Tu sembles plus sereine » me disaient elles. Et l’entendre m’a fait un bien fou.

Car je compris alors qu’assumer qui j’étais ne faisait pas de moi une mauvaise personne.

Il y aura toujours des gens qui, selon leur échelle de valeurs trouveront que j’ai viré en mal. Mais personnellement, me reconnecter avec moi m’a permis de découvrir la part d’humanité que j’avais complètement renier au profit de la performance et de l’acceptation des autres.

Oui j’ai changé, en mieux, et j’en suis fière. Peut-être est-ce cela devenir la meilleure version de moi finalement !

Ce n’est pas le fait de coller à l’image qu’on t’a assignée, ou que tu t’es toi-même assignée, qui fera de toi une bonne personne. C’est être vraie, d’abord envers toi-même, puis envers les autres qui le fera. C’est assumer tes rêves, tes désirs, respecter tes limites et celles des autres qui feront de toi une bonne personne.

Tous ne seront pas d’accord avec ça. Le but n’est certainement de faire l’unanimité. Cependant la bienveillance que tu développeras envers toi t’aidera à manifester plus de bienveillance envers les autres, quoiqu’ils pensent de toi.

C’est en étant vivantes que nous pouvons partager notre vie. Et c’est en étant nous-mêmes que nous nous sentons véritablement vivantes. Alors ne cherches plus à devenir une bonne personne ou la meilleure version de toi. Sois toi.

Ceci n’est pas une injonction mais un simple conseil.

Courage à toi.

Isa.

Isabelle Moumié

J'écris pour respirer. Je souhaite que ces mots fassent du bien à celles qui les lisent, et libèrent celles qui en ont besoin.

Vous pourriez aussi aimer...

1 commentaire

  1. […] est important et vital d’apprendre à nous comprendre personnellement. Il ne s’agit pas d’entrer dans une introspection interminable nous coupant du reste du […]

Laisse moi un commentaire